A des lieues de là, dans les profondeurs de la forêt, les troupes ninjas ennemies, les troupes de Ndoro, avançaient à pied en direction de Konoha. Quand elles arrivèrent à un embranchement. Tsuji, l’éclaireur de Suna, attendit que Ndoro et son garde du corps le rejoignent.
Dans le ciel planait un faucon, il sembla à Tsuji que l’oiseau les regardait. Il avait déjà entendu parler des animaux espions de Konoha mais il était dit que ce n’était qu’une légende. Malgré cela, il n’aurait pas été étonné que quelqu’un ait ordonné à l’oiseau de servir de guetteur. Il prit cela comme un avertissement et se promit d’être prudent.
- Par ici, c’est plus long, mais plus facile, dit-il à Ndoro, en indiquant une piste devant lui.
- Ce n’est pas la facilité mon souci mais le temps, répondit Ndoro.
De nouveau, quelque chose attira l’attention de Tsuji, qui leva les yeux vers les arbres et tendit l’oreille.
Cachée dans les arbres, Valeia observait les ninja. Lorsqu’elle écarta une branche pour mieux voir, l’éclaireur de Suna s’immobilisa aussitôt, manifestement à l’affût de tout bruit suspect. Valeia se tapit dans l’ombre sans un bruit, impressionnée par les sens aiguisés de l’éclaireur. Ce ninja était doué, peut-être même autant que Valeia elle-même. Il fallait qu’elle le supprime au plus vite car il pouvait mettre en difficulté leur mission. Elle observa encore un peu les mouvements de la troupe ennemie et partit rejoindre ses compagnons.
Ces derniers étaient partis quelques heures après elle et l’attendaient dans les arbres. Ils ne l’entendirent pas arriver et furent plus que surpris que la voir debout devant eux.
- Cinq mille hommes dont un éclaireur, un redoutable éclaireur. Dit-elle simplement.
Miho la regarda et réfléchit.
- Très bien. Ce sera simple alors. Veux tu bien te charger le l’éclaireur ? Il risque de nous repérer facilement si il est aussi redoutable que tu le dis. Une fois ce gêneur éliminé, tu nous rejoindras…
- Et le déluge commencera… ajouta Arrian en souriant. Mais arriveras-tu à tuer un éclaireur au si grand talent ? Ne chercheras-tu pas à préserver sa précieuse vie ?
- Tout talent finit par se faner, répondit Valeia.
Miho leur expliqua son plan. Tous le regardèrent admirativement : ils étaient toujours impressionnés par la sagesse et la tactique de leur chef. Il était inquiet, ils le savaient tous mais étaient rassurés par le fait qu’il n’en laissait rien paraître et avait en eux une absolue confiance.
Ils passèrent la nuit dans une petite clairière et, ne pouvant allumer de feu pour ne pas être repéré, ils se réchauffèrent avec le saké que Nataku avait pris soin d’emporter avec lui. Si bien qu’ils étaient tous un peu ivres, sauf Valeia qui craignait que la boisson ne lui gâche ses dons exceptionnels et qui s’était postée un peu plus loin pour veiller sur eux. Ce fut l’aube qui les réveilla. Ils partirent aussitôt.
Dans la forêt, les ninjas de Suna avaient également repris leur marche et avançaient prudemment. Tsuji les précédait tous ses sens en alerte. Soudain, il fronça les sourcils et examina le sol avec attention.
- Des traces de pas. On nous précède ! dit-il à Ndoro qui l’avait rejoint.
Il reprit la tête de la troupe et avança les yeux fixés au sol. A nouveau, il se baissa et émit un petit sifflement.
- Les traces s’arrêtent ici, dit-il
- Comment ça ? Ils ne peuvent pas s’être envolés ? demanda Ndoro.
- Non, ils ne se sont pas envolés mais il y a quelque chose de louche, répondit-il.
Il tendit l’oreille et scruta les alentours mais n’entendit rien d’autre que le vent dans les arbres et ne vit rien.
- Restez ici, je pars en éclaireur, ajouta-t-il. Je vais vérifier que le chemin est sûr.
- Très bien, fit Ndoro avec impatience, mais dépêches-toi. Et prends quelques hommes avec toi
- Avec votre respect monseigneur, je préfère y aller seul, j’irais plus vite et je serais moins visible seul.
- Très bien mais seul tu es plus vulnérable. Presses toi.
L’éclaireur s’élança alors, avançant le plus silencieusement qu’il pouvait. En entendant le bruissement des feuilles, il se figea puis, ne remarquant rien, reprit sa course de branches en branches. Après quelques minutes, il fut alerté par un autre bruit plus proche, il s’immobilisa. Au même moment, des senbons se figèrent dans son abdomen. Il tomba mort sur le sol.
Valeia regarda le corps et sourit :
- Toutes les histoires ont une fin.
Elle partit rejoindre Miho et ses compagnons qui regardaient cachés dans les branches le shinobis de Suna attendre l’éclaireur. Quand elle les eut rejoint, Miho fit un signe de tête et ils se séparèrent. Arrian tira de son carquois cinq flèches, Miho et Nataku sortirent leurs shurikens et Valeia ses senbons. Ils savaient ce qu’ils avaient à faire. Ils se regardèrent une dernière fois puis allèrent à leur poste.
Arrian banda son arc avec les cinq flèches et tira. L’enfer du déluge commençait. Valeia lança ses senbons, puis tous deux coururent répétant la manœuvre. Miho et Nataku firent de même de leur côté.
Au dessous d’eux, les ninjas de Suna étaient tendus, l’éclaireur était parti depuis un moment déjà et ils pressentaient un danger tout proche. Ils regardaient la cime des arbres quand, soudain, surgissant du ciel, dix, vingt flèches et des dizaines de senbons et de shurikens fondirent sur eux. Un ninja fut blessé à l’épaule, d’autres tués. C’était un enfer venu de nulle part.
Ndoro hurla des ordres de ripostes, les ninjas sortirent à leur tour des shurikens. Pendant ce temps, les armes continuaient à pleuvoir sur eux de tous les côtés sans qu’ils sachent qui tirait et d’où venaient les tirs.
Cachés dans les arbres, Miho et ses compagnons tiraient sans relâche tout en se déplaçant. Ils ne visaient pas, mais lançaient tant d’armes qu’ils parvenaient à faire mouche à chaque tir.
- Où sont-ils ? hurla Ndoro
- Plein nord, répondit un soldat.
Au même moment, un shuriken arriva du sud et tua le ninja. Ndoro poussa un grognement de colère.
Dans les arbres, Arrian continuait de tirer et riait, Valeia souriant de leur désarroi, quand à Miho et Nataku, ils restaient de marbres, concentrés. Quand Miho eut lancé son dernier shuriken, il siffla pour prévenir ses compagnons. Tous les quatre s’éloignèrent aussi silencieusement qu’ils étaient venus. Leur mission était finie, les ninjas de Suna étaient tous morts sans même pouvoir apercevoir leur ennemis.
Une fois la nuit tombée, les ninjas de Konoha s’arrêtèrent dans une clairière. N’ayant plus de risque de se faire repérer, ils allumèrent un feu et passèrent la soirée à rire. Miho aurait dû être soulagé mais son esprit restait en alerte, en lui, une impression de danger persistait. Il faisait semblant de sourire pour ne pas inquiéter ses ninjas mais ne goûtait pas à leur insouciance.
Alors qu’ils plaisantaient, Valeia leur fit signe de se taire et se leva tous ses sens aux aguets.
- On nous observe, chuchota t’elle.
A peine elle dit cela que vingt ninjas d’Iwa sortirent de derrière les arbres. Tous armés de katana, ils attaquèrent sans attendre.
Les ninjas de Konoha, surpris, n’eurent que le temps d’esquiver les attaques et de dédaigner leurs armes. Valeia prit deux adversaires et les tua d’un coup sans l’ombre d’une hésitation. Ils étaient nombreux certes, mais pas assez pour pouvoir l’inquiéter. Nataku de son côté décapita un ninja et résistait aux attaques d’un autre. Un des ninjas de Suna chercha à tuer Miho dans son dos mais ce dernier se retourna katana brandit et lui fendit le crâne. En quelques minutes, une dizaine de ninjas étaient tombés sans qu’un seul de Konoha ne fût blessé. De son côté, Arrian tirait flèche sur flèche, sans se presser. A chaque cible touchée, il souriait imperceptiblement. Il allait sans doute battre son record.
Soudain, d’autres ninjas d’Iwa arrivèrent. Le combat reprit de plus belle et les ninjas de Konoha les exterminèrent tels des insectes gênant. Bientôt, il n’en restait plus que quelques uns encore vivant.
Valeia avait affaire à un ninja particulièrement redoutable et avait peine à gagner du terrain sur lui quand un ninja l’attaqua dans son dos. Elle ne l’avait pas vu et ne pourrait pas éviter le coup. Le ninja allait abattre son katana quand Miho se plaça entre la jeune femme et le ninja. Il reçut l’attaque de plein fouet sous les yeux horrifiés de Valeia.
- Miho ! s’écria t’elle en voyant le ninja tituber et s’écrouler.
Nataku l’entendit et se tourna vers elle. En voyant Miho, il cria à son tour le nom de son compagnon, comme l’écho horrifié du cria de Valeia. Alors, la haine décuplant ses forces, il abattit les ninjas encore vivants avec une froideur et sans aucune pitié.
Miho, saignant abondamment, se releva et, avec les dernières forces qui lui restaient, il lança son katana qui alla droit vers celui qui l’avait blessé. Ce dernier vit l’arme voler vers lui et l’entendit s’enfoncer dans son ventre avec un bruit sourd.
Miho se tourna vers Valeia, il se tenait droit et même souriant. On aurait dit qu’il n’était pas blessé. Mais avant qu’il n’ait pu faire un pas, il s’effondra. Valeia courut s’agenouiller auprès de lui, elle lui prit doucement la tête et lui caressa doucement la joue, essayant de retenir le souffle qui fuyait le corps de son chef. Des larmes coulaient le long des joues de la jeune femme. Miho la regarda et lui chuchota :
- C’était mon devoir de chef, j’ai juré de vous protéger par ma vie si il le fallait…
Il sourit et s’immobilisa à tout jamais.
Nataku tomba à genoux aux côtés du corps de Miho, désespéré par la mort de son ami de toujours. Valeia posa sa main sur son bras. A ce geste, il se mit à pleurer, vaincu par le chagrin et l’épuisement.
Ils veillèrent longtemps le corps du ninja tombé. Arrian qui était le moins sentimental de tous resta en retrait au cas où d’autres ninjas arriveraient. Il dit doucement, comme une prière :
- Miho, tu étais le meilleur d’entre nous tous. Repose en paix mon ami.
Alors, tristement, ils brûlèrent le corps de celui qui avait été leur chef et rentrèrent au village. Grâce à eux, la guerre n’aurait pas lieu. Mais ils étaient tristes et rien n’aurait pu les réjouir.
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